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Bulletin des communes du district de Neuchâtel, 1er février 2002 |
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Marin-Epagnier Facéties sans frivolité, pitreries sans méchanceté: la musicalité sans faille de l’Octuor Contretemps de Fribourg a envoûté l’Espace Perrier
« Vous êtes un public merveilleux! » Le compliment laisse pour le moins dubitatif lorsqu’il est lâché d’entrée de jeu par l’un des protagonistes — quatre chanteuses en longue robe noire, quatre chanteurs en smoking — avant même qu’une note ne soit sortie de leur gorge. Sauf lorsqu’il est précédé de cette mise en garde: « Notre programme est entièrement basé sur le mensonge ». Dès lors, le public séduit, saisit qu’il lui faudra jongler entre deux pôles: rester joyeusement sur ses gardes ou se laisser entraîner par ces gais lurons. Ou plutôt naviguer constamment de l’un à l’autre. Mode d’emploi qu’il a saisi d’instinct, démarrant au quart de tour ~ chacune des nombreuses occasions. L’événement s’est produit dimanche dernier 27 janvier à l’Espace Perrier, pour 1’ unique concert de l’Octuor Contretemps de Fribourg. L’effort était d’ailleurs superflu, tant la musicalité des jeunes chanteurs, leur talent, leur façon de faire fusionner ces huit voix façonnées par des études classiques (deux dans chacun des registres, soit soprano, alto, ténor et basse) se coulent dans un répertoire aux tonalités les plus imprévisibles: « Nous nous efforçons de faire en sorte que le travail ne se remarque pas, qu’on ne voie que le plaisir que nous avons à chanter, mais il est vrai qu’il s’y cache tout un travail qui a duré plusieurs années, ne serait-ce qu’au niveau du son», explique Nicolas Savoy, l’un des deux ténors. En trompe l’oeil, mais swingué, s.v.p. Oscillant entre le jardin extraordinaire et le rendez-vous des brocanteurs, le répertoire de l’Octuor Contretemps convoque allègrement en son souk Claude François, Astor Piazzola, Duke Ellington, Elvis Presley ou le groupe suédois Abba. Une forte imprégnation des années 70 (plutôt anglophone parce qu’un tel répertoire existe dans cette langue), le tout swingué totalement a capella avec force paillettes (et borborygmes et autres onomatopées), assorti d’un humour aussi facétieux que pétillant. Non seulement par le gestuel dont les artistes s’accompagnent pour en faire un spectacle authentique, mais également par autant de drôleries par lesquelles l’un ou l’autre des interprètes interpelle le public. Qui lui rend illico son cm d’oeil. « Etablir un fil rouge est pour nous important», indique Carl-Alex Ridoré, l’une des basses et président du groupe. Neuf années de complicité Une telle complicité et maîtrise artistiques ne s’établissent et ne s’installent que dans le travail et la durée: « Nous nous connaissons depuis longtemps, nous avons tous chanté dans les mômes choeurs à Fribourg (musique classique, religieuse et populaire). Décidés à changer de style, nous avons opté pour une petite formation, en étant si possible un par voix, et le faisant sans directeur», précise Nicolas Savoy; Ce qui signifie que Le programme est concocté collectivement: « il est clair que nous n’avons pas toujours des goûts identiques, mais on apporte une pièce, on l’essaie, et on décide. Tout en s’efforçant désormais d’étendre le répertoire à des oeuvres d’horizons plus vastes, la berceuse créole, par exemple». Sans cesse en quête de renouvellement, l’Octuor s’était tout de môme imposé quatre ans de mise à l’épreuve avant de se produire en public. Et l’avenir, alors que l’an prochain, les huit artistes souffleront -les dix bougies de Contretemps? « En raison de nos activités professionnelles, nous ne pouvons dépasser douze concerts par an. Pour 2003, nous projetons des créations, demandées à des musiciens du crû». Bonne cuvée! Pour en savoir davantage (notamment pour les deux CD) consulter http://www.octuor.net. Denise Frossard
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