décembre 1999 |
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Contretemps offre des
friandises pour marquer le Petit Nouvel-An
FRIBOURG
- Samedi, l'Octuor vocal
a célébré à sa façon l'entrée dans les nouveau siècle. L'esprit et la
finesse étaient au rendez-vous.
Eux-mêmes n'attendaient pas une
telle affluence : le temple de Fribourg n'avaient plus une place assise pour
accueillir un auditeur. Qui, "eux-mêmes" ? Les quatre filles et
quatre jeunes gens de l'octuor vocal Contretemps. Leur concert du Petit
Nouvel-An, donné samedi soir, a séduit tant par la musique interprétée que
par des jeux scéniques drôles et par la qualité de la prestation
musicale.
Noël se dit Christmas
Trois instrumentistes ont
apporté leur touche à cette soirée : le pianiste Jean-Claude Fasel et les
percussionnistes Nicole Villard et An-Phong Nguyen. Les Noëls que l'octuor
interprète avec l'accompagnement discret et souriant du pianiste Jean-Claude
Fasel ont des textes en anglais. White Christmas, pilier du répertoire
d'Irving Berlin, révèle les qualités de l'ensemble : fluidité des voix,
aisance, transparence, finesse. En restant en permanence dans le bon goût, les
chanteurs ne dédaignent pas la fantaisie, par exemple l'imitation de la
percussion par les voix dans Follow That Star.
Plus de pianiste pour les chants
suivants, savoureux comme des biscuits de Noël. L'auditeur se laisse
chatouiller par les chromatismes des partitions, rendus avec netteté. Dans ces
noëls d'ici et d'ailleurs a cappella (Stille Nacht habilement
revisité), on découvre que Contretemps préfère la fusion et les couleurs
d'ensemble aux solis tapageurs. Ainsi en est-il dans les parties solistiques de Have
yourself a merry Christmas.
Prenant ses distances avec le
thème de la Nativité, la seconde partie s'ouvre par une improvisation au
djembé et au dum-dum, tenus respectivement par Nicole Villard et An-Phong
Nguyen. Deux interprètes déjà remarquables dans l'accompagnement de
l'obsédant noël rwandais Bethléem. Le morceau est lancé sur un rythme
souple par M. Nguyen. Son final confine à la transe sur des rythmes complexes
maîtrisés.
Revenus sur scène, les
chanteurs continuent à explorer avec succès la veine humoristique. Ils offrent
une musique résolument légère où se glissent la fraîcheur et le
pétillement du champagne. On y découvre des pièces drôles, comme les Acquêts
de la marquise : la formation fribourgeoise y peint, sans temps mort, un
imbroglio dantesque dont la musique se fait le reflet. L'octuor parvient à
raconter une histoire à partir de mélodies sans paroles. Et finit par donner
la fringale en chantant la recette du Chili con carne...
Daniel Fattore
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